Un oiseau se partage
en deux ailes
et un visage se partage
en deux yeux
et une âme
en deux armes
La montagne
toujours est enceinte
d'un enfant
dans son ventre debout
Les vêtements sur l'étendoir
déshabillent l'air
comme les livres que l'on brûle
déshabillent le feu
ou le pont qui met à nu
la rivière dun seul coup pour laimer
Nous portons le mot
immobile du pain femelle
à celui qui a faim
La poésie
est une chemise
que le ciel ne veut pas repasser
même sil est nu
Le vent disperse
ses compas dans le ventre
des oiseaux
qui nous mesurent
Nous regardons
à travers les cercles
comme si nos yeux
abandonnaient nos corps
en nous laissant
dans la solitude
à linterieur de nous