on ne voit rien : installation de Giney Ayme avec les images de Marc Mercier aux Instants Vidéo de Manosque -1999

Le travail plastique s’opère en portant son attention sur ce qui subsiste, ce qui est utilisable : les «restes» sont les résidus de lumière s’échappant de l’affrontement d’images paralysées les unes contre les autres. Le téléviseur habitué à fonctionner face à «son» complice : le regard de «son» téléspectateur se retrouve fonctionnant face à lui-même. Réponse momentanée : on ne voit rien.
Au dessus des moniteurs devenus momentanément incompétents, une série verticale d’étais de maçonnerie. Supporteurs par fonction mais surtout par habitude, ils concrétisent la menace ultime de la perte du sens attendu. Le résidu lumineux empêche le contact : l’étai est suspendu à ce qu’il est censé supporter. On oublie qu’on ne voit rien. Il est permit de ne rien dire.
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